Rencontre avec une phénicienne, 1ère partie

Série: Divers

Introduction:

Aujourd’hui nous allons étudier une histoire en Matthieu chapitre 15. Si vous avez une bible, veuillez l’ouvrir à ce passage. Lisons ensemble du verset 21 au verset 28: « ... » La phrase qui attire probablement votre attention en tout premier lieu dans ce texte est celle qui se trouve au verset 28, quand Jésus dit: « Femme, grande est ta foi! » C’est un joli compliment qu’il lui donne. Ce compliment est encore plus impressionnant quand vous regardez les mots grecs qu’il utilise. Le mot « grande » dans ce passage est le mot « Méga » (Mégaphone, Mégalope, Mégalomane, Mégastar, Mégastructure). En d’autres termes, Jésus dit à la femme: « Madame, ta foi est une méga foi! Tu fais preuve d’une énorme foi! D’une foi extraordinaire! Inhabituelle! Plus grande que celle des autres. » Le thème de la foi revient souvent dans les Saintes Écritures. La bible parle de la foi obéissante (Ro 1.5 et 16.26), de la foi morte (Ja 2.20), de la foi agissante par amour (Ga 5.6), de la foi vaine (1 Co 15.14), de la foi saine (Tite 1.13), de la foi ferme (1 Pi 5.9), de la foi précieuse (1 Pi 1.7), de la foi persévérante (2 Thess 1.4) et de la foi défaillante (Luc 22.32). Jésus évaluait constamment la foi de ses interlocuteurs. Vous souvenez-vous de Mt. 8.26 où il disait à ses interlocuteurs: « Gens de peu de foi » ou de Mt 14.31 où il disait « homme de petite foi ». Après la tempête qu’il calma de son bateau, il dit aux apôtres « Comment n’avez-vous point de foi? » Marc 4.40. Mais à cette dame phénicienne, il dit tu as une grande foi.

I. Dieu n’évalue pas la foi comme nous:

Si vous faites une recherche aujourd’hui, vous verrez que dans toute la bible, le Seigneur ne décrit que deux fois la foi de certaines personnes ainsi. À votre avis qui reçut ce compliment? Si je vous demandais qui avait une grande foi, qui vous viendrait à l’esprit, quels noms? Probablement Abraham! La bible parle de lui comme étant le père de la foi. Mais en recherchant dans une concordance, vous serez probablement aussi étonné que moi de voir que jamais le Seigneur ne le complimenta en disant qu’il avait une grande foi. Peut-être vous pensez à Moïse ou Daniel ou à Caleb et Josué. Mais Dieu ne dit pas dans la Bible qu’ils avaient une grande foi. Il ne le dit pas non plus des femmes qui aidaient Jésus ou des apôtres, qui moururent pour le royaume de Dieu. Étonnamment ceux qui sont crédités d’une telle foi ne sont pas ceux à qui nous pensons immédiatement. La première personne que le Seigneur complimente d’une telle foi est cette femme cananéenne en Matthieu 15. Et la seconde est un centurion en Matthieu 8.8. Il vient trouver Jésus à Capernaüm pour lui demander de guérir son serviteur qui est touché de paralysie et qui est dans d’énormes souffrances. Quand Jésus lui dit qu’il est d’accord de venir voir son serviteur pour le guérir, voici ce que l’homme répond: « ... » (8.8-10). Vous remarquez peut-être en lisant ce passage que ceux que Jésus a complimentés d’une grande foi étaient des personnes non-juives, qui n’avaient les mêmes coutumes que les Juifs. C’est intéressant parce que ça nous montre que Dieu n’évalue pas toujours les choses de la même manière que nous quand il mesure la foi. Il y a des critères qui sont importants à nos yeux, mais qui le sont moins pour Dieu et vice versa. Plusieurs histoires dans le Nouveau Testament nous montrent cela: Les hommes évaluent la foi d’une certaine manière, mais Dieu la considère souvent sous un angle différent. Ceux qu’on désigne comme ayant une grande foi ne sont pas ceux qui plaisent nécessairement le plus à Dieu. Mais retournons à notre histoire en Matthieu 15. Il y a plusieurs détails qu’il faut souligner pour comprendre ce qui amène Jésus à sa remarque. Tout d’abord remarquez où se trouvait Jésus. Au verset 21, le texte dit qu’il partit de la région où il était, c’est à dire de la Galilée, pour se rendre dans le coin de Tyr et de Sidon. Ces deux villes côtières se trouvaient à +/- 75 km de la Galilée, dans la province Syro-Phénicienne. Si vous regardez sur une carte à la fin de vos bibles, vous verrez qu’il s’agissait du Liban actuel. Cette région n’était pas un territoire juif mais païen. Pourquoi Jésus se rendit-il dans un pays païen alors que sa mission concernait le peuple juif au verset 24? Plusieurs raisons peuvent expliquer son choix. Peut-être qu’il cherchait un refuge temporaire pour le protéger des chefs juifs. Jésus semblait penser que les Syro-Phéniciens avaient une meilleure disposition de cœur que beaucoup de Juifs pour lesquels il faisait des miracles. Il semblait apprécier cette région et son peuple. Regardez ce que Jésus dit en Matthieu 11.21: « ... ». Puisque certains chefs Juifs désiraient le faire mourir, il est certain que Jésus pouvait trouver asile parmi ce peuple qui était plus honnête. Mais cette raison seule n’explique pas entièrement son choix. Parce que si vous regardez en Jean 7.1 vous voyez que la Galilée jouait un peu ce rôle de refuge, même si imparfait. Donc il devait y avoir une autre raison. Il semble plutôt que Jésus avait envie de calme, de se retrouver seul un peu avec ses apôtres. C’est important d’avoir des moments où on peut être un peu seul, n’est-ce pas? En Galilée, Jésus était constamment pressé par la foule. Il y avait ceux qui avaient besoin de guérisons, ceux qui voulaient l’utiliser à des fins politiques, ceux qui venaient de Jérusalem pour lui tendre des pièges (Mt 15.1), ceux qui avaient des questions honnêtes ou hypocrites... Imaginez vous à chaque fois qu’il se rendait dans une autre ville, les gens le suivaient et le rattrapaient (Mt 14.13) ou bien d’autres personnes le reconnaissaient (Mt 14.34-35) et prévenaient tout le monde, puis ils lui amenaient les malades. Il avait un tel succès que même il était parfois obligé de monter dans une barque et de s’éloigner à quelques mètres du rivage (Luc 5.1-3 ou Mt 13.1-2) pour présenter ses enseignements. Personne ne pourrait vivre très longtemps avec une telle pression. Jésus avait besoin d’un peu de calme. Et la région de Tyr et de Sidon lui offrait un endroit idéal, beaucoup plus paisible pour se ressourcer. Le peuple juif ne serait pas enclin à le suivre dans cette région, parce que c’était un territoire païen et étranger pour eux. Les habitants de Tyr et Sidon étaient des gens impurs à leurs yeux, que Dieu avait demandé à leurs ancêtres d’anéantir. Ils n’avaient donc aucune affection pour ce peuple païen et pécheur, qui ne vivait pas en harmonie avec Dieu. D’ailleurs c’est parce que les Cananéens étaient détestables par leurs coutumes que Dieu avait demandé qu’ils soient anéantis. Et la femme dans l’histoire était une cananéenne. Alors pourquoi Jésus dit-il à cette femme que sa foi était grande au verset 28? Elle n’était même pas juive! Qu’est-ce qu’il y avait-il de spéciale en elle? Pourquoi Jésus la complimenta-t-elle ainsi? Que vit-il d’inhabituel en elle? Et puis à quoi correspond une méga foi? Je vois plusieurs choses dans le texte:

II. Pour avoir une grande foi, il faut être encré en la bonne personne:

Tout d’abord, sa foi était encrée au bon endroit. Elle croyait en Jésus et en Jéhovah qui l’avait envoyé. La manière dont elle s’adresse à Jésus montre cela. Nous y reviendrons. C’est remarquable parce que ses compatriotes adoraient et servaient un nombre impressionnant d’idoles et de faux dieux. Mais elle réalisait que seul Jésus pouvait l’aider. La première caractéristique d’une grande foi, chers amis, est de réaliser que seul Jésus a vraiment le pouvoir de nous aider dans la vie. Les gens autour de nous disent parfois qu’ils ont la foi en Dieu. Mais avoir une grande foi est plus que simplement reconnaître intellectuellement qu’il existe et qu’il contrôle toutes choses. C’est aussi démontrer qu’on le pense vraiment à travers nos choix et nos actions. Beaucoup de personnes disent qu’ils croient en Dieu, mais elles organisent leurs vies et planifient leurs journées sans jamais aller trouver Dieu à travers la prière pour lui demander son aide. La femme dans cette histoire est allée trouver Jésus - elle est allée « frapper à sa porte » (d’une certaine manière) – pour obtenir son aide. Et comprenez que sa requête demandait beaucoup de courage et un sacrifice. Pour se tourner vers Jésus, elle devait délaisser les idoles de son peuple et la foi de ses ancêtres. Ça semble peut-être une démarche facile pour vous aujourd’hui. Croire en des idoles paraît ridicule. C’est juste des statues en bois ou en métaux. Mais cette femme avait grandi avec l’idée que ces bouts de bois étaient vivants et conscients. Elle avait grandi avec l’idée qu’elle devait être loyale envers les dieux de sa famille. Pour elle, aller à Jésus signifiait tourner le dos à la religion de son peuple. Ça signifiait délaisser une structure religieuse qui rythmait sa vie et donnait un sens à sa culture et probablement à un grand nombre de ses traditions. Lisez l’Ancien Testament et vous verrez combien la religion des Cananéens était ancienne et tenait une place importante dans leur société. Les familles avaient souvent dans leurs propres maisons des coins réservés à ces idoles. Les Cananéens servaient avec zèle ces faux dieux depuis des siècles et des siècles. Pour elle, se tourner vers Jésus signifiait renier la foi de ses ancêtres, la religion dans laquelle elle avait grandi. Son parcours me fait penser aux Thessaloniciens à qui Paul dit ceci en 1 Thessaloniciens 1.9: « ... ». Les Thessaloniciens ont fait une peu plus tard ce que cette Phénicienne avait fait du temps de Jésus. Et quelles furent les conséquences pour les Thessaloniciens ? Savez-vous pourquoi Paul eut le besoin de leur écrire à deux reprises ? Parce qu’il avait peur pour eux. Les Thessaloniciens subissaient des persécutions. C’est ça que la Phénicienne risquait de subir en choisissant de suivre Jésus. Les gens à l’époque risquaient gros en délaissant les idoles familiales. Leurs familles les reniaient et ils perdaient souvent leurs emplois, leurs maisons et ils subissaient de préjudices… Certains étaient même mis à mort. Mais la femme phénicienne acceptait ce risque. Elle avait une grande foi. Voilà tout d’abord pourquoi Jésus lui dit : « Femme, tu as une grande foi ». Elle avait une grande foi tout d’abord parce qu’elle s’est tournée vers la bonne personne.

Conclusion:

Aujourd’hui nous n’avons pas le temps d’aller plus loin. Mais je voudrais terminer en vous disant qu’il y a quelques semaines j’ai parlé à une jeune fille qui compare pour l’instant sa religion à l’Islam. Elle était là avec sa maman et je lui ai dit quelque chose que sa maman n’a pas vraiment apprécié. Je lui ai dit que je pensais qu’elle faisait la bonne chose en comparant parce qu’on ne peut pas suivre une religion simplement par tradition, qu’il était important pour elle de ne pas croire uniquement en quelque chose parce que ses parents croyaient en cette chose. Ce n’est pas parce que ses parents avaient grandi dans une certaine voie qu’elle devait nécessairement grandir dans la même voie. Je l’ai donc encouragée à tout remettre en question. Quand la maman est venue me voir un peu plus tard, elle m’a dit que ma remarque l’avait dérangée. Elle aurait préféré que j’encourage sa fille à rester dans la religion familiale. Mais je ne pouvais pas faire ça. Pourquoi est-ce que je vous raconte cela ? Pour dire que ce n’est pas facile de mettre de côté la religion de nos parents. Je l’ai vu à maintes reprises. Je l’ai vu avec une voisine musulmane qui voulait être baptisée. Quand elle est venue me voir pour me le demander, j’ai voulu savoir ce que ses parents en penseraient. Voici ce que ses parents lui ont dit. Si elle changeait de religion, elle amènerait la honte sur la famille et ils la jetteraient dehors et elle leur déchirerait leur coeur. Ça c’est ce que la femme phénicienne risquait en choisissant de suivre Jésus. Mais nous ne sommes pas appelés uniquement à suivre la religion de nos parents. J’ai eu la chance quand j’étais jeune d’avoir un prédicateur qui me l’a rappelé alors que j’étais en pleine rébellion. Il m’a pris sur le côté et m’a dit : « Daniel, personne ne te force à suivre la voie de tes parents. C’est ton choix ! » Il avait raison. Étais-je là parce que je voyais que c’était l’endroit où se trouvait réellement Jésus, parce que je réalisais que nul autre que lui ne pouvait m’aider dans la vie ou étais-je là juste parce que mes parents me demandaient d’être là ? La Phénicienne était là par conviction. Elle avait laissé derrière elle la foi de ses parents. Voilà pourquoi tout d’abord la première raison pour laquelle Jésus voyait en elle une grande foi. Alors aujourd’hui, voit-il la même chose en vous ?