Jeûner ou ne pas jeûner?

Série: Divers

Introduction:

Avec l’été qui approche, des millions de Musulmans se préparent aujourd’hui pour le Ramadan qui débutera aux alentours du 6 ou 7 juin 2016. Pendant 29 jours, donc jusqu’au 6 juillet, ils s’abstiendront de manger, de boire, de fumer, de jouer à des jeux de hasard et d’avoir des relations sexuelles entre le lever et le coucher du soleil. Certains encore plus zélés éviteront même d’avaler leur salive. Mais le soir venu ils pourront se livrer à tous les excès qu’ils désirent.

Leur tradition est empruntée au Judaïsme. Mohammed, lorsqu’il se réfugia à Yathrib avec ses adeptes en 622, entra en contact avec une colonie juive importante qui y résidait. Ces Juifs pratiquaient le jeûne de Kippour, la prière en direction de Jérusalem, les ablutions rituelles, la circoncision et observaient des lois alimentaires depuis des siècles. Mohammed imita leurs rites et les imposa à ses fidèles avec quelques modifications à cette époque. Mais en quoi consistait ce jeûne de Kippour pour les juifs? Il était observé le 10e jour du mois de tishri en terre d’Israël (en automne – en septembre ou octobre). Il était considéré comme le jour le plus saint par les Juifs (Lév. 16.30-31 – C’était le jour où le grand prêtre abandonnait le bouc émissaire dans le désert ou le précipitait d’une falaise). Dans l’esprit des Juifs, il était également lié au jour où Dieu avait pardonné au peuple juif la fabrication et l’adoration du Veau d'Or (en Exode). Vous connaissez l’histoire. Après avoir brisé les tables de la Loi dans la colère, Moïse passa 40 jours au sommet du mont Sinaï pour obtenir le pardon de son peuple. Il jeûna, il implora et supplia Dieu à leur propos, suite à quoi l’Éternel lui accorda ce pardon. Avant le grand jour du Pardon, appelé aussi le jour des expiations ou Yom Kippour, les Juifs passent dix jours dans la pénitence, l'introspection et la repentance. Ils doivent faire tout leur possible pour rectifier les torts qu’ils ont commis envers les autres. Au soir du 9e jour, ½ heure avant le couché du soleil, ils débutent un jeûne qui dure 25 heures et qui est obligatoire pour tout juif mâle à partir de 13 ans et femelle à partir de 12 ans (à l’exception de ceux qui ne sont pas en état physique de le supporter à cause d’un état de santé particulier comme par exemple un diabétique). De manière générale, cinq interdictions sont à observer pour se détacher du monde matériel:

  1. l'interdiction de boire et de manger,
  2. l'interdiction d'avoir des relations conjugales,
  3. l'interdiction de se laver,
  4. l'interdiction de s'oindre le corps avec des huiles et des lotions (qui symbolisent les plaisirs superficiels),
  5. et l'interdiction de porter des chaussures en cuir (qui symbolise les biens matériels et le confort).
Il est également interdit de travailler, les juifs doivent se rendre longuement à la synagogue pour y prier et demander pardon à Dieu pour leurs fautes et celles de la communauté. Les croyants demandent pardon individuellement à toute personne qu'ils auraient pu blesser et s'excusent des offenses commises envers elle s’ils ne l’ont pas encore fait. Yom Kippour requiert cinq prières obligatoires tout au long de la journée. La célébration de Yom Kippour varie selon les communautés. Les séfarades se vêtissent par exemple de blanc afin d'affirmer leur volonté de se libérer de leurs pêchés. La fin du jeûne est signifiée dans les synagogues par la sonnerie du shofar, un instrument de musique à vent fabriqué à partir d'une corne de bélier. Les croyants se réunissent alors en famille ou au sein de leur communauté pour "casser le jeûne".

Kippour n’était pas le seul moment où les Juifs jeûnaient, mais c’était le moment le plus important. Il y eut donc des discussions intéressantes à ce sujet entre Jésus et les Juifs dans le Nouveau Testament. L’évangile de Matthieu nous en rapporte une de ces discussions. Nous y lisons ceci au chapitre 9.14 à 17: « ... ». Dans la 1ère partie de ce texte, les disciples de Jean-Baptiste demandent à Jésus pourquoi eux et les Pharisiens jeûnaient, tandis que ses disciples ne jeûnaient pas. Rien ne suggère que leur question constituait une accusation ou un piège. Apparemment ils cherchaient simplement à comprendre pourquoi il y avait cette différence. Peut-être étaient-ils tout simplement perdus par ces différences. De nos jours aussi, beaucoup de personnes sont confuses par les différentes pratiques concernant le jeûne. Souvent des Chrétiens viennent me demander ce que je pense par rapport au jeûne. Pourquoi semblons-nous ne pas le pratiquer comme dans d’autres mouvements? Par exemple les catholiques et les membres de certains groupes observent ce qu’ils appellent le carême, une période de 40 jours de jeûne partiel dont la fin correspond à leur fête de Pâques. Dans de nombreuses églises pentecôtistes, il faut jeûner pour obtenir le Saint-Esprit. D’autres églises évangéliques enseignent que c’est un rite nécessaire pour être réconcilié avec Dieu. Ils cherchent au moyen du jeûne, comme les Musulmans et les Juifs, le pardon de leurs péchés.


J’aimerais donc aujourd’hui clarifier ce que la bible enseigne à ce sujet. Je vous propose de le faire en trois temps:

  1. Premièrement, je veux montrer comment certaines conceptions du jeûne sont erronées bibliquement.
  2. Deuxièmement je veux montrer quel était le but biblique du jeûne,
  3. et troisièmement, je veux rappeler les conseils que la Bible donne sur la manière de jeûner pour les chrétiens.

I. Conceptions du jeûne sans fondement biblique:

Quels sont certains enseignements erronés sur le jeûne?

II. Le sens biblique du jeûne:

Une trentaine de passages dans l’Ancien Testament parlent de jeûner. Le sujet apparaît 9 fois dans le Nouveau Testament. Dans la vaste majorité de ces textes, à quoi le jeûne sert-il? Au vu de ce que nous lisons dans la bible, nous pouvons mieux comprendre à présent ce passage de Matthieu 9.14-17, avec l’image de l’époux et de ses amis que Jésus utilise. Le jeûne montrait typiquement l’affliction du coeur. La présence de Jésus parmi les hommes était un sujet de grande joie. Le Messie, attendu depuis des siècles, était enfin là pour apporter le salut, la paix avec Dieu. Imposer un signe de tristesse et de souci tel que le jeûne à ceux qui connaissaient la joie d’accueillir le Sauveur serait aussi mal placé que de l’imposer aux invités à un festin de mariage. S’imposer la faim supprime la joie au lieu de l’encourager. Jeûner au moment de la joie aurait fait perdre à cet acte son sens, qui est d’exprimer une autre sorte de sentiment que la joie. C’est pour cela que Jésus fit la comparaison à l’idée de déchirer un morceau d’un nouveau tissu pour réparer un vieil habit, ou de mettre du vin nouveau qui continue de fermenter et donc d’enfler dans de vieilles outres faites de peau affaiblies parce qu’elles ont déjà été tendues à leur limite. Il ne convenait donc pas aux disciples de Jésus de jeûner pendant qu’il était sur terre avec eux. Les jours viendraient après son retour au ciel quand les chrétiens le trouveraient à propos de jeûner. Mais le christianisme ne changerait pas dramatiquement le sens du jeûne.


III. La bonne manière de jeûner:

Ce qui nous amène à présent à notre dernier point. Comme nous venons de le dire, les paroles de Jésus suggèrent qu’il y aurait des moments où ses disciples jeûneraient. Mais quand ils jeûnent, ils doivent observer certains principes pour être agréables à Dieu. Il faut jeûner de façon discrète, sans chercher à se faire remarquer par les hommes. Si l’on jeûne, on doit le faire pour Dieu et non pas pour que les hommes nous louent ou sympathisent avec nous. Voici ce que Jésus enseigne en Matthieu 6.16-18: « ... ». Le jeûne ne peut pas remplacer une vie de dévotion et soumission à Dieu. Se livrer à une vie mondaine, à l’ivresse, à l’immoralité et à la fraude pendant toute l’année pour s’en abstenir à contre-coeur pour un temps de jeûne imposé ne peut pas satisfaire à Dieu. Quand le jeûne est censé être un signe de repentance, il faut qu’il soit accompagné d’une vraie repentance. L’Eternel l’expliqua à son peuple en Esaïe 58. Regardez aux versets 6 à 10: « ... ». Ce qui intéressait Dieu plus que l’abstinence de nourriture était la transformation du coeur et du comportement.

Conclusion:

En conclusion que dire? Le jeûne peut toujours nous aider à exprimer à Dieu ce que nous avons dans le coeur. Il y aura des moments où nous déciderons, individuellement ou en tant qu’assemblées locales, de prier et jeûner à l’égard de telle ou telle situation d’une importance particulière. Mais ce sera selon les circonstances que nous vivons et non selon le calendrier.

Et en pratiquant le jeûne gardons-nous aussi de lui attribuer ce qu’il n’est pas censé faire: augmenter la foi, nous guérir physiquement ou nous procurer le pardon des péchés. Une seule chose peut enlever nos péchés frères et sœurs, c’est le sang de Christ. Et vous savez comment entrer en contact avec ce sang qui purifie. C’est par la foi, la repentance et le baptême. Il nous avons ensuite un avocat céleste qui intercède pour nous auprès de Dieu. Le salut ne vient pas par nos œuvres, mais par celles de Dieu. Prions: « ... ».