Face à une église divisée (1.10-16)

Série: Solutions célestes pour une église (im)parfaite

Introduction :

Y a-t-il des similarités entre l’église de Corinthe et la nôtre aujourd’hui? Nous aurions tendance à dire non sans y réfléchir. Nous n’avons pas de personnes qui abusent les dons du Saint Esprit, de femmes qui prêchent ou de gens qui prennent le repas du Seigneur de manière indigne. Mais sommes-nous toujours unis? Nous n’avons peut-être pas de frère qui couche avec l’épouse de son père, mais avons-nous parfois un frère ou une sœur qui entretient une relation immorale? Nous n’avons peut-être pas de problèmes doctrinaux concernant la résurrection de Jésus Christ, mais sommes-nous tous d’accord sur le sujet du mariage, du divorce et du remariage ou sur quelles fêtes, dans notre calendrier, un chrétien a le droit de célébrer? Nous ne traînons peut-être pas nos frères devant les tribunaux, mais n’avons-nous pas de temps à autres des problèmes d’unité?

I. La division, un mal récurrent:

Aucune église ne peut prétendre que ses membres sont toujours unis.
  1. Même les disciples de Jésus se disputaient parfois pour savoir qui serait le plus grand dans le royaume de Dieu (Matthieu 20.20-28). Jésus, connaissant la nature des hommes demanda donc ceci à son Père dans une de ses dernières prières avant sa mort. Regardez en Jean 17.20-21: « ...».

  2. Quand l’église fut établie, la prière de Jésus sembla être exaucée. Nous lisons ceci en Actes 2.43-44: « ... », puis en Actes 4.32-33: « ... ». L’église démarra sur le bon pied. Mais la situation était trop belle pour durer. En Actes 6, nous voyons que les Juifs hellénistes de la diaspora commencèrent à murmurer contre les Juifs de Palestine. Qui était responsable de cette division? Ceux qui murmuraient ou ceux qui négligeaient les veuves de la diaspora. Vous remarquerez que toutes les veuves n’étaient pas négligées. Il semblerait qu’il y avait du racisme ou du favoritisme. Mais les Juifs hellénistes auraient pu choisir de réagir différemment plutôt que de murmurer. La faute incombait donc aux deux groupes et très certainement à un troisième être dans l’au-delà. Si les apôtres n’avaient pas géré cette crise avec sagesse et unité, l’église aurait sombré dans la division.

  3. Mais ce ne fut pas la dernière crise. Le livre des Actes raconte les nombreux conflits que les Juifs et les païens eurent au sein de l’église. Paul dut aussi écrire aux chrétiens à Rome, pour les reprendre au sujet de leurs divisions, concernant par exemple les aliments qu’un chrétien avait le droit de manger.

  4. L’église de la ville Philippe était une bonne assemblée. Mais Paul dut encourager 2 soeurs à faire quoi en Philippiens 4.2? Lorsque Paul écrivit aux chrétiens de Galates, il dut les mettre en garde contre quoi en Galates 5.20? Contre les œuvres de la chair comme les inimitiés, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes. Et regardez ce qu’il ajoute au chapitre 5, verset 15: « ... »

  5. Les divisions n’ont pas existé au premier siècle uniquement. L’histoire du christianisme est une succession de schismes et de ruptures. Il y a l’église catholique, l’église orthodoxe, l’église protestante et chaque mouvement a donné lieu à des sous-groupes (les Jésuites, les jansénistes, les partisans de la messe en latin, les Orthodoxes Grecs, les Orthodoxes Arméniens, les Luthériens, les Calvinistes). Il existe aujourd’hui des centaines, voir même des milliers de mouvements chrétiens et d’églises différentes. La division est un mal qui est présent dans l’église depuis ses débuts. C’est une situation qui va complètement à l’encontre de ce que Jésus voulait pour ses disciples.
Il y a deux raisons pour lesquelles il est important de lutter contre la division:

II. Les causes de la division:

Nous devons être profondément unis si nous voulons former une assemblée plaisante à Dieu. Mais ce n’est pas facile. Pourquoi les divisions arrivent-elles alors que nous savons que c’est un mal? Quelqu’un dira parce que nous sommes humains et imparfaits, ayant tendance à pécher. C’est vrai! Mais plus spécifiquement, quels sentiments nous amènent souvent à la division? Regardons à ce qui a amené les hommes à être divisés depuis le début de l’humanité et voyons si ça s’applique à l’église. Dans tout ceci, le point commun c’est que les gens réagissaient à des blessures internes, à un sentiment d’être mal aimés, mal appréciés, moins bien traités que les autres. Et leur fierté qui en prenait un coup, les amenait à prendre des distances et à se rallier à quelqu’un qui leur offrait un futur meilleur.

L’église et le peuple de Dieu ne sont pas les seuls à tendre vers la division. Regardez le nombre de guerres civiles qu’il y a eut dans l’histoire de l’homme, pensez à tous les génocides, les pays qui se sont fragmentés. Regardez ce qui se passe dans les partis politiques comme la droite ou la gauche, dans les entreprises, dans les classes des écoles. Les personnes se disputent à cause de l’ambition, l’amour du pouvoir, la cupidité, l’égoïsme et l’ignorance.

Et ça arrive pour les mêmes raisons parmi les chrétiens. Mais lorsque la division rentre dans nos assemblées, c’est parce que nous sommes influencés par les voies du monde. Paul disait donc aux chrétiens de Corinthe qu’ils devaient arrêter de se conduire comme le monde, comme de petits enfants (1 Corinthiens 3.1-3).

III. Le remède contre la division:

Il leur suggéra cette cure pour enrayer la division:
  1. Tout d’abord, ils devaient se rappeler qu’ils devaient poursuivre l’idéal de l’unité parfaite (v.10). Ce n’est pas que nous devons tous aimer les mêmes choses, penser pareil sur tous les sujets non-bibliques, mais quand nous ne voyons pas les choses de la même manière, nous ne devrions pas nous quereller et nous diviser. La division est un péché.

  2. Nous devons suivre Jésus et non des hommes. Lisez avec moi les versets 13 à 17: « ... ». Les Corinthiens accordaient un peu trop d’importance aux prédicateurs. Nous y reviendrons dans notre étude du chapitre 3, mais ils devaient se rappeler que c’est au nom du Christ qu’ils avaient été baptisés (v.15).
    Deux petits commentaires à ce sujet. Remarquez que même si Paul n’avait pas baptisé tous les chrétiens de Corinthe, tous étaient baptisés selon le verset 15. Pourquoi Paul avait-il baptisé lui-même certains et pas les autres? C’était un choix délibéré, parce qu’il voulait se concentrer sur la prédication de la croix (v.18). Silas et Timothée, ses assistants pouvaient baptiser pour lui. Deuxièmement, cette expression baptiser au nom de quelqu’un voulait dire dans la possession de cette personne. Les gens à l’époque avaient l’habitude d’acheter et de vendre des esclaves. Quand quelqu’un transférait un esclave au nom d’un acheteur, ça signifiait que cet esclave devenait sa possession absolue. De même quand un soldat jurait sa loyauté au nom de César, il acceptait d’appartenir totalement à cet empereur. Le baptême du chrétien était donc le moyen par lequel un homme se donnait totalement au Christ, mais pas seulement. C’était aussi une manière de devenir comme lui, puisqu’à ce moment l’esprit de Jésus venait vivre en lui. Pour être membre du corps de Christ et entrer dans la famille de Dieu, il faut donc avant tout être baptisé. Ce n’est qu’ensuite qu’on peut appeler Dieu son père et les autres chrétiens ses frères.
    Pour en revenir à 1 Corinthiens, les frères devaient se rappeler qu’ils avaient été baptisés dans la possession du Christ et non pas dans celle d’un prédicateur. Ils avaient été baptisés pour être identifiés avec Christ et non avec un évangéliste. Aucun prédicateur ne méritait l’honneur de diriger leurs vies. Aucun n’avait été à la croix pour leurs péchés, sauf Jésus. Et puis il fallait qu’ils se rendent compte que causer la division, c’était en un sens pousser Jésus à être morcelé. Or Christ n’est pas divisé (v.13).

  3. Troisièmement, pour être unis Paul appelait les frères à grandir, à ne plus être comme des enfants (1 Corinthiens 3.1-4)

  4. Quatrièmement, il les appelait à laver leur linge sale à l’intérieur de l’église avec l’aide de frères plus mûrs, plutôt qu’à l’extérieur (6.1-8).

  5. Cinquièmement, pour être unis, Paul disait dans sa lettre qu’il ne faut pas mal utiliser sa liberté en Christ et offenser volontairement la conscience de ses frères et soeurs (ch.8-10).

  6. Sixièmement, il leur enseigna qu’ils devaient penser à encourager les autres lorsqu’ils se réunissaient pour les moments d’adoration (ch. 11-14).

  7. Il leur rappela que l’amour était plus important que tout (ch. 13).

  8. Il leur rappela de rester attacher aux doctrines importantes du christianisme (ch.15).

  9. Il les encouragea l’assemblée à penser à ceux qui sont dans le besoin et à sacrifier une partie de leurs revenus pour aider les frères dans la détresse (ch. 16). Ce dernier chapitre de 1 Corinthiens montre que nous ne devons pas seulement nous sentir concernés par notre assemblée locale, mais nous devons aussi être unis avec les assemblées dans les autres villes et autres pays de ce monde.

Conclusion:

En conclusion, comment pouvons-nous résumer le remède que Paul suggère à l’église des Corinthiens? Avec 3 petites phrases qui ont guidé l’église depuis ses débuts:

- Sur l’essentiel, soyons unis
- Sur ce qui est relatif à la convenance, accordons la liberté
- Mais en toutes choses, préservons l’amour.

Dans sa lettre aux Corinthiens, Paul réaffirme ces trois principes. Il montre que nous ne pouvons pas compromettre certains éléments de notre foi. Il voulait que les chrétiens enseignent les mêmes principes de base (1 Corinthiens 14.33, 4.17). L’unité ne doit jamais venir en sacrifiant ou en compromettant les Vérités de l’évangile. Si certains veulent abandonner ces vérités, alors avec tristesse, il faut les laisser quitter l’église, voir même leur demander de le faire. Mais dans sa lettre Paul montra aussi avec les viandes sacrifiées aux idoles, qu’il y a de la liberté sur certains sujets. N’oublions jamais que Dieu n’a pas légiférer sur tous les détails de la vie de tous les jours, y compris sur la vie d’église (par exemple, sur l’heure du culte ou le nombre de chants à chanter avant le repas du Seigneur...). Pour ce qui tombe dans le domaine où Dieu n’a pas fait de lois, les chrétiens ont le droit d’avoir diverses préférences. Idem avec les méthodes d’évangélisation. Nous devons nous accorder l’un l’autre une certaine liberté d’opinion. Mais abondons toujours dans l’amour dans nos relations mutuelles, car l’amour est plus important que tout. Après tout, c’est par amour que Jésus est mort pour nous et que nous sommes aujourd’hui membres de son église.

Prions: « ... »