Face à la possibilité d’un second mariage

Série: Le chrétien face aux difficultés de la vie

Introduction :

Ces dernières semaines nous avons parlé des problèmes maritaux et de comment faire face à la possibilité d’un divorce. La vie serait belle si nous pouvions être un peu plus comme les canards. Savez-vous que chez les canards, lorsqu’un mâle jette son dévolu sur une femelle, ils deviennent extrêmement attachés et dévoués l’un à l’autre? C’est au point que si un des deux est tué par un chasseur, l’autre choisira souvent de ne pas quitter son compagnon et même de se laisser mourir à ses côtés. C’est fascinant de voir comment se comportent parfois des animaux. La fidélité dont ils font preuve est un peu celle que Dieu voulait que nous ayons en concevant le mariage.

J’aime ce qu’un auteur écrit sur la relation du mariage: «Dans nos sociétés, nous créons partout des séparations, sous forme de murs, de clôtures, de haies. Nous prenons des précautions pour maintenir les autres à distance. Nous demandons à ce que notre numéro de téléphone soit secret, nous cherchons à ce que notre email dissimule notre vrai nom. Nous installons des alarmes dans nos maisons, pour empêcher toute infraction. Mais avec le mariage, c’est tout l’inverse. Les protections sont abaissées, non seulement un homme et une femme vivent sous le même toit, mais ils dorment sous la même couverture. Leurs vies ressemblent à un livre ouvert dans lequel chacun étudie l’autre et adapte ses réponses aux besoins de son conjoint. Par amour, les deux partenaires sont prêts à explorer de nouveaux horizons et à voyager vers l’inconnu.»

C’est ainsi que le mariage devrait effectivement être. Un mari et une femme sont faits pour voler ensemble pour la vie, dans la joie et l’intimité. Lorsqu’un chute, l’autre est appelé à rester à ses côtés en décrivant des cercles aussi longtemps qu’il le faut. Les canards restent dévoués l’un à l’autre jusqu’au bout, malheureusement nous pas toujours. Dieu nous connaît bien. C’est pourquoi, il a dit dans la bible qu’il y a certains cas où le divorce est possible. Nous en avons parlé la semaine dernière en étudiant Matthieu 19.8-9. Dieu hait le divorce, mais il y a autre chose qu’il déteste également : le conjoint qui souille le lit conjugal avec ses infidélités répétées et un cœur de pierre qui ne manifeste aucun signe de repentance. Il a donc permis au partenaire victime d’un tel comportement, à celui qui est trompé et abusé, de demander le divorce. Pas tout de suite, mais après avoir fait tout ce qui est possible pour sauver le couple bien sûr.

Sachez toutefois que personne ne sort jamais d’une telle situation sans avoir encaissé un choc émotionnel profond et sans avoir reçu un certain nombre de blessures, qui prennent des années à guérir. Se reconstruire émotivement, financièrement, personnellement n’est pas facile. De nombreuses personnes qui sont passées par un divorce n’arrivent plus à faire confiance, à envisager un futur à deux. Elles se replient sur elles-mêmes. Nous étions au restaurant avec mes voisins il y a deux semaines. Eyup a commencé à blaguer et à dire à ma belle-mère qu’il pourrait lui trouver un nouveau mari si elle voulait (elle est divorcée pour raisons valables bibliquement). Elle a répondu : «O non, je suis très bien ainsi toute seule. Je ne veux plus jamais de mari.» Eyup lui a cité un proverbe turc en réponse : «Lorsqu’on se brûle la langue avec du lait chaud, on souffle même sur une cuillère de yaourt venant du frigos.» Le proverbe illustre parfaitement les sentiments d’un grand nombre de personnes qui ont été trompées. Elles sont tellement déçues et ont tellement mal, que même des années après, elles ne veulent plus tenter leur chance et se remarier.

D’un autre côté, il y a les personnes qui réalisent assez vite qu’elles ne sont pas faites pour vivre seules. Tel était probablement le cas de la femme samaritaine que Jésus a rencontré au puits de Jacob, près de Sychar. En Jean 4 versets 13-18 nous lisons: «…» Pourquoi cette femme avait-elle été mariée 5 fois et s’était-elle mise en ménage ensuite avec un 6ème homme? Parce qu’elle ne pouvait pas vivre seule, mais aussi parce qu’elle n’avait pas passé assez de temps à s’interroger si Dieu considérait qu’elle était une candidate viable pour un remariage. Pour ne pas tomber dans ce piège, il faut se poser quelques questions. La toute première à mon sens est celle-ci : «Ai-je le droit de me remarier avec un nouveau partenaire?»

Nous trouvons dans la bible trois cas de figure où le remariage est acceptable

I. Les trois cas de figure où le remariage est acceptable:

  1. Premièrement, comme je viens de le dire et comme nous le voyons en Marc 10.11-12, le remariage est acceptable si j’ai été victime d’infidélités sexuelles de la part de mon conjoint et si j’ai tout fait pour changer la situation sans y parvenir. Le divorce étant une concession, mais pas le choix de Dieu, je peux alors quitter mon conjoint et recommencer ma vie avec quelqu’un d’autre.

  2. Deuxièmement, je peux me remarier si mon conjoint est décédé. Regardez en 1 Corinthiens 7.8-9: «…» Dans ce passage où Paul parle du célibat, il explique qu’il aimerait que tous fassent le même choix que lui, c’est à dire celui de rester célibataire pour mieux servir Christ dans un contexte où les persécutions contre chrétiens étaient choses communes. Mais il admet que tout le monde n’en est pas capable. Chacun reçoit des dons de Dieu différents. Il va donc encourager chacun à considérer sa situation et à accepter son lot. Une personne qui a perdu un conjoint et qui n’est pas faite pour vivre seule peut se remarier, mais dans le Seigneur (voir dernier verset du chapitre).

  3. Troisièmement, je peux me remarier si mon conjoint n’était pas chrétien et qu’il m’a déserté. Je vois cela en 1 Corinthiens 7, versets 12 à17. Voici ce qu’il écrit: «…»

    Dans ce passage, il conseille tout d’abord aux chrétiens mariés à des infidèles de ne pas chercher le divorce. Je peux comprendre la pensée pas vous? Paul enseignait que le célibat était bon, mais également qu’un chrétien devait refuser de se lier à un infidèle sous un joug inégal (voir 2 Cor. 6.14-17). Or lorsque les gens de Corinthe se convertissaient, souvent ils étaient déjà mariés et les conjoints ne suivaient pas toujours. Que du contraire, certains pouvaient même devenir très réfractaires. Alors ils se disaient que quitter ce partenaire pouvait résoudre la situation et leur donner le célibat qui en fait n’était pas du tout conçu pour eux. Paul réagit donc à cela et il dit au verset 16 que préserver le mariage peut contribuer au fait de convertir l’autre et que même si ça n’arrive pas, selon le verset 14, Dieu réservera des bénédictions pour ce foyer grâce à la présence du conjoint chrétien. Pensez-y, les enfants grandiront du moins en partie sous l‘influence des enseignements bibliques, sous l’influence d’un parent qui est né de nouveau et qui a une relation personnelle avec le Seigneur. De même le conjoint qui est non croyant aura le privilège d’être secondé par un partenaire fidèle, plein de compassion, d’amour, d’humilité, de patience et de sagesse. Ainsi, il sera sous l’influence continuelle d’un style de vie chrétien, ce qui permettra au Saint-Esprit d’oeuvrer plus efficacement dans le foyer.

    Mais que se passe-t-il si le conjoint non-croyant décide de quitter la maison, d’abandonner le partenaire chrétien ? Alors Paul dit au verset 15 que le croyant n’est pas lié. Comment comprendre ces mots, ce petit morceau de phrase ? Le mot lié, «bondage» en anglais fait référence au mariage. Nous l’avons vu précédemment, en se mariant, l’homme et la femme deviennent un aux yeux de Dieu. Ils sont cimentés, joints l’un à l’autre. Le verset 39 du même chapitre montre d’ailleurs que c’est bien ainsi qu’il faut comprendre l’expression. Regardez: «…» Le verset 15 devient facilement compréhensible en parallèle avec le verset 39. Si le partenaire non chrétien (par extension non baptisé) vous quitte et vous abadonne, vous êtes libres de vous remarier aux yeux de Dieu.

    Mais, comprenons-nous bien! Il y a une différence entre être abandonné et avoir une dispute durant laquelle le conjoint claque la porte en disant: «J’en ai marre, c’est fini!». Il s’agit dans ce cas de frustration, non pas de désertion. N’oubliez pas non plus que la frustration parfois peut durer quelques jours avec un partenaire non-croyant. Il vaut peut-être mieux de temps à autres qu’il s’éloigne pendant un petit temps plutôt que de devenir violent.

Dans tous les autres cas se remarier n’est pas acceptable. Il peut y avoir une séparation, un divorce, mais il faut essayer de poursuivre une réconciliation. Je pense que Paul est clair sur ce point au verset 10-11: «…» Pourquoi Le Saint-Esprit parle-t-il ici d’un cas où une femme peut rester séparée? Parce que dans la réalité, il y a parfois des situations complexes. Imaginez une femme qui apprend que son mari abuse ses enfants ou dont le conjoint tombe dans l’alcoolisme et finit par être dangereux, au point qu’elle craint pour sa vie. Dans certaines situations désespérées, Dieu permet la séparation. Il comprend qu’il faut parfois un traitement de choc, qu’un homme perde tout avant de revenir à son bon sens. Mais la séparation ou le divorce dans de telles circonstances ne donne pas le droit de se remarier.

La femme en Jean 4 avait-elle le droit de se remarier? Ce n’est pas sûr. Ce qui m’amène maintenant à une seconde question, même si elle avait le droit, était-elle prête. Il faut se demander cela aussi avant de se remarier.

II. Êtes-vous prêt?

Pour le savoir, il faut s’interroger sur deux, trois choses.

Premièrement combien de temps depuis que le divorce a été prononcé, depuis que vous vous êtes retrouvés seuls?

Les gens sortant d’un divorce se remettent souvent beaucoup trop vite avec un nouveau partenaire. Il y a bien des raisons : Pour être secouru émotivement, financièrement, sexuellement, avec ses enfants. Ce qui finit par arriver, c’est que bien trop souvent le processus de guérison est négligé. Pourtant le divorce est une expérience dévastatrice. Il est extrêmement difficile à encaisser parce que le message transmis par un des deux partenaires est celui-ci: «Je ne veux plus de toi. Tu n’es plus désirable.» C’est traumatisant de se dire qu’on a perdu toute sa valeur aux yeux d’un être cher. Ça produit un sentiment de rejet profond. Ce sentiment est normalement accompagné de colère, puis d’un grand chagrin, c’est inévitable. La question à se poser est donc : est-ce que j’ai pris le temps de bien évaluer ce qui s’est passé et de me reconstruire?

Est-ce que vous êtes vraiment guéri du mariage précédent? Beaucoup disent: «bien sûr que oui, nous sommes divorcés…» Mais ont-ils vraiment accepté la fin du premier mariage? Sont-ils guéris ou y aura-t-il des interférences?

Il y a diverses manières de se tester pour voir si nous sommes parvenus à la guérison. Parfois il est bon d’écrire une lettre (juste pour vous, pas une lettre que vous allez envoyer à votre ex) disant adieu au mariage précédent et au conjoint précédent. C’est un acte symbolique qui peut vous aider à réaliser que oui c’est fini. C’est un exercice qui peut vous permettre d’exprimer ce que ça signifie pour vous de dire de tourner la page de cette ancienne relation. Les psychologues chrétiens conseillent même d’aller dans une pièce, de s’installer devant une chaise vide puis de lire cette lettre en s’imaginant l’ancien partenaire face à soi. Puis quand c’est terminé de prier et de demander les bénédictions de Dieu pour un nouveau départ.

Il n’est pas mauvais non plus d’essayer de répondre à une liste de questions, telles que celles-ci:

N’oubliez pas que parfois un nouveau mariage peut être un moyen de punir un ancien partenaire. Un ancien mariage peut interférer de tellement de façons avec un nouveau mariage. Par exemple un conjoint peut ressentir une énorme pression pour réussir sa nouvelle relation. Il se dit: «je vais montrer à tout le monde de quoi je suis capable». Il peut ressentir le besoin de prouver que dans le premier mariage le problème n’était pas en lui, mais dans son ancien partenaire. Mais un mariage n’est pas un examen à travers lequel je prouve des choses aux autres. Agir comme si c’était le cas, c’est permettre à un premier mariage raté de contaminer le second.

Se remarier présente des difficultés aussi avec la famille, avec les amis, parfois même avec les voisins. Certains peuvent dire: «J’espère que tu tiendras mieux les enfants que son premier mari!» La pression! Ou «je veux que tu saches que c’est elle qui t’a choisi, nous on aimait vraiment son premier conjoint et on compte toujours l’inviter lors des fêtes de famille… ». Tout ceci arrive. Parfois il est bon de faire un schéma et de voir tous ceux qui vont être impliqués dans la nouvelle relation. Comment allez-vous appeler l’ex-conjoint quand il appelle? Combien de temps passerez-vous à parler avec lui? Dans quelle mesure êtes-vous confortable si votre conjoint continue à parler et à rencontrer son ex? Jusqu’où leur relation peut-elle aller sans vous offenser? Tout ceci demande de la réflexion.

Il faut aussi penser aux limites qu’on peut être amené à placer pour l’ex-conjoint. Par exemple, quand ce dernier fait preuve d’une conduite destructrice quand il vient prendre ou déposer les enfants, s’il est toujours impliqué financièrement pour la pension alimentaire. Ceci peut causer des divisions dans notre couple, surtout s’il y a des enfants.

Il faut également se demander comment vous allez gérer l’éducation des enfants, les corrections, les crises… Si vous avez des enfants qui sont toujours au foyer quand vous vous remariez, vous ne bénéficierez pas d’une année d’intimité, juste entre vous deux au départ, pour apprendre à mieux vous connaître et à être uni dans vos décisions (voir principe du service militaire dans l’ancien testament). Vous devrez immédiatement partager votre partenaire avec d’autres. Il faut espérer que vous aurez pris du temps pour développer les relations avec tous avant de vous marier. Il faut faire des activités en famille avec ceux qui bientôt seront votre famille, prendre du temps pour en quelque sorte les courtiser aussi.

Les spécialistes disent que lors d’un remariage, le partenaire qui n’est pas le parent biologique doit fonctionner pendant plus ou moins 5 ans comme un oncle ou une tante ou un ami. Ça demande ce lapse de temps avant de pouvoir gagner le droit d’intervenir comme un parent à part entière. Ça signifie donc que c’est au parent biologique de prendre soin de la discipline, pendant que l’autre gagne le droit d’intervenir avec le temps. Si le parent non biologique s’en mêle, dans de très nombreux cas alors le parent biologique devient protecteur et finit par se ranger du côté de ses enfants.

Conclusion :

En conclusion que dire? Dieu ne désire pas nous voir marié 5 fois et tellement ravagé, suite à ses relations que nous ne voulons même plus entendre parler du mariage. L’exemple de la femme au puits de Sychar doit nous faire réfléchir. Ses plans pour nous sont différents. Il permet le mariage, mais dans les bonnes conditions. Alors j’en appelle à votre discernement. Dieu veut votre bonheur et celui de vos enfants, il dit d’ailleurs en Proverbes 18.22: «celui qui trouve une femme trouve le bonheur, c’est une grâce qu’il obtient de l’Éternel.» Mais la bible nous conseille d’agir prudemment. Il s’agit en fait de ne pas brusquer les choses, de laisser Dieu agir. Comme le dit l’auteur du Proverbes 19.14: "On peut hériter de ses pères une maison et des richesses, mais une femme intelligente est un don de l’Éternel." L’écouterez-vous aujourd’hui ? Si Dieu vous a donné une seconde chance avec la possibilité d’un remariage, j’espère que oui.