Je suis la vigne et vous les branches

Série sur Jean (ch. 15:1-8)

Introduction:

Si vous avez une bible, je vous invite à la prendre et à l’ouvrir en Jean chapitre 15.

Aujourd’hui nous allons un peu parler de viticulture. Etant de l’Alsace, je suppose que beaucoup d’entre vous connaissent bien le sujet. Dès que nous sortons de Strasbourg et descendons vers Colmar, nous entrons sur la route du vin et nous sommes entourés de milliers de champs viticoles.

Mais saviez-vous qu’une des plus anciennes vignes se trouve en Angleterre, à Hampton Court près de Londres pour être exact? Elle a plus de mille ans et son pied fait plus ou moins 60 cm de large. Malgré son âge, elle produit toujours des dizaines de Kg de raisins par année et ses fruits sont sucrés et délicieux. La vie coule dans ses branches à partir de cet unique cep, sur plus de 6 mètres. Ce qui hormis son âge ne m’étonne pas, car nous avions une vigne dans notre ancienne maison qui n’en finissait pas de grandir.

En pensant à cette vieille vigne, il y a une similarité étonnante avec une autre souche dont Jésus nous parle en Jean ch. 15. Elle aussi est très vieille, elle a plusieurs millénaires et elle continue aujourd’hui encore à produire du fruit. Quelle est-elle ? Découvrons le ensemble en lisant les versets 1 à 8 : « … »

Avez-vous vu de quelle vieille vigne la bible nous parle aujourd’hui ? De Jésus. Je vous ai dit précédemment que dans l’évangile de Jean, Jésus a fait 7 déclarations sur sa nature. Il a dit : « Je suis la lumière, je suis le pain de vie, je suis le bon et le vrai berger, je suis la porte, je suis la résurrection et la vie », durant le souper il a dit : « je suis le chemin, la vérité et la vie » (Jean 14 :6) et maintenant nous trouvons la dernière déclaration en Jean 15 où il dit : « Je suis le vrai cep ! »

Dans ce passage, Jésus montre :

En gardant ces deux points à l’esprit, deux questions essentielles doivent naître en nous:

    Sommes-nous connectés à la vigne ? Ou disons-le autrement, la vie de Christ coule-t-elle en nous ? Si c’est le cas, alors quelle quantité de fruits produisons-nous dans nos vies ? Est-ce un peu, beaucoup ou pas du tout ?

Deux déclarations essentielles et deux questions que je me propose de traiter aujourd’hui. Mais revenons au contexte qui amène ces deux déclarations, pourquoi Jésus décide-t-il de parler de vignes aux apôtres? Rappelons que c’est le soir où Jésus va être emprisonné. Il vient de prendre la Pâque, dans la chambre haute avec les 12. Il leur a parlé des événements qui vont suivre, de la trahison de Judas, du reniement de Pierre et de son départ définitif. Ces paroles sont troublantes et difficile à comprendre pour les apôtres, qui attendaient l’avènement d’un roi terrestre sur Israël. Durant le repas, Jésus essaye alors de les réconforter avec des pensées importantes. Il leur rappelle en Jean 14:6 qu’il est la vie et en Jean 14 :16-17, il leur promet l’envoie d’un ami à son image, qui résiderait pour toujours en eux et qui les fortifierait. Il s’agissait bien sûr de l’Esprit. Puis au chapitre 14, verset 31, il dit : « Levez-vous, partons d’ici ! » L’évangile de Matthieu nous dit qu’ils sortent alors pour aller au mont des oliviers (26 :30). Sur le chemin, soit parce qu’ils passent près de la porte du temple, où un pend une vigne factice faite de fil d’or et de perles - un symbole de la nation d’Israël (voir Ps 80 :8-19, Es.5: 1-7, Jér. 2:21, Ez. 19:10-14 et Osée 10:1) – ou parce qu’ils passent près de vraies vignes, Jésus décide d’expliquer d’avantage ce qu’il vient de dire et d’illustrer ce qu’il attend d’eux.

I. Jésus est le cep, la source de vie (v.1)

Il fait comme on fait parfois dans les cours de science. Par exemple, avez-vous déjà pris une tige de céleri presque morte pour la mettre dans un récipient d’eau colorée? Que se passe-t-il ? La tige de céleri se relève. Elle parait fraîche et vivante une fois de plus. Si on regarde aux veines colorées, on comprend pourquoi. C’est parce que l’eau a insufflé une nouvelle vie en elle. De la même manière lorsque Jésus leur montrait une vigne et la vie présente dans ses branches grâce au cep, les apôtres pouvaient alors comprendre de façon vivante ce qu’il voulait dire par sa déclaration en Jean 14 :6. Il leur révélait être la source de vie spirituelle. Jean le comprit si bien qu’il écrivit d’ailleurs ceci un peu plus tard, dans sa première lettre, au chapitre 5:11-12 « … » Face à une telle déclaration, il nous faut donc revenir à notre première question du départ : « Sommes-nous connectés à la vigne ? » ou de façon plus personnelle : « Suis-je connecté à la vigne ? » Romains 6:5, nous indique comment cela est possible dans un premier temps: « … ». Il faut être une même plante avec lui par la conformité à sa mort, c'est-à-dire ? Le verset 4 montre comment on fait cela : par le baptême. Si aujourd’hui nous ne sommes pas connecté au Christ par le baptême et donc que nos péchés ne sont pas pardonnés, alors nous sommes morts quoi que vivants dans la chair. Nous ne sommes pas connecté à la source de la vie. Nous avons la possibilité de faire ce choix aujourd’hui. Nous pouvons ne pas être baptisés, nous pouvons rester tels que nous sommes, isolés de Christ et de sa vie… des vignes sauvages et perdues qui ne produiront jamais vraiment de bons fruits (je vous dirais pourquoi dans un instant). Ou nous pouvons être greffés sur le cep divin, sur le Fils de Dieu et devenir un avec lui. Si nous faisons ce second choix, alors tout devient différent et nous sommes renouvelés au plus profond de nous-mêmes. Nous devenons à même de produire du fruit. Justement puisque j’arrive à cette question de fruits, parlons-en plus amplement. Est-ce important pour une vigne de produire du fruit? Je dis oui. Nous voyons apparemment que dans l’esprit de Dieu, la vigne a été conçue dans ce but. Même un non-croyant dirait que plus une vigne produit du fruit et plus elle acquière de la valeur. Nous ne pouvons trouver notre épanouissement que si nous finissons par produire certains fruits. Dieu nous a conçu ainsi. Il y a certaines choses qui sont absolument nécessaires pour une vie qui vaut quelque chose. On l’exprime parfois différemment, mais l’homme a besoin d’un but pour être heureux. Il ne peut se contenter juste d’être. Dieu nous a fait avec quelque part le besoin de servir une cause, quelqu’un de plus grand que nous, avec l’envie de nous distinguer. En nous, il y a ce besoin pour un vigneron, qui peut prendre plaisir aux fruits que nous pouvons produire et lui offrir (L’amour, la patience, la douceur, la bonté, la fidélité, le contrôle de soi et la joie). Certains se trompent sur la nature du vigneron, ce n’est pas un candidat aux élections présidentielles, ce n’est pas un patron ou un époux. Le vigneron, ça ne peut au final qu’être Dieu. Et si nous ne sommes pas une branche sur la bonne vigne, alors nous ne produirons pas de bons fruits. Je reviens à ce que je disais précédemment. Savez-vous pourquoi la vigne dans mon ancien jardin n’a jamais produit de bons fruits? Parce que je n’en prenais pas soin. Alors les branches grandissaient sans jamais se fortifier, à même le sol et les fruits étaient maigres et pourrissaient sur la pelouse. Il faut beaucoup de travail pour qu’une vigne produise du bon fruit. Il faut constamment tailler les branches, les relever, les attacher, les traiter. N’importe quel vrai vigneron le sait. Une vigne livrée à elle-même ne pourra jamais produire du bon fruit. Il faut être attaché au sarment qui donne la vraie vie et avoir Dieu le père comme vigneron, pour produire le bon fruit.

Alors suis-je attaché au Christ et ai-je le Père comme vigneron ?

II. Les sarments qui produisent du fruit.

Jésus encourage ses disciples à aller plus loin dans leur réflexion et à se demander quelle quantité ou quelle qualité de fruits ils produisent. En vitesse, laissez-moi préciser que les fruits dont Jésus parle ici, ne sont pas les gens que nous pourrions convertir. Si c’était le cas, alors de grands prophètes ne seraient jamais parvenus à plaire à Dieu et à rester unis à lui, car certains ont eu de très maigres résultats. Les cœurs de leurs auditeurs étaient fermés à leur message. Les fruits que Jésus a en tête doivent plutôt être les fruits de l’Esprit (Galates 5, 22 : L’amour, la patience, la douceur, la bonté, la fidélité, le contrôle de soi et la joie).

Celui qui est sauvé et qui est connecté au cep doit produire du fruit. Mais la quantité et la qualité vont dépendre de deux choses :

Sur la vigne du Christ, il y a deux types de branches. Regardez au verset 2:

Ces deux types de branches décrivent deux types de croyants, deux types de personnes sauvées en Jésus Christ. Une fois qu’une personne est baptisée, elle peut choisir de retourner vivre dans son ancien mode de vie. Elle peut devenir récalcitrante aux commandements du Christ. Alors elle ne permet pas à la force vitale qui est en elle, c'est-à-dire au Saint-Esprit, d’accomplir ce qu’il veut accomplir. Comment le Saint-Esprit pourrait-il agir si on choisit de continuer à boire de l’alcool à outrance comme avant, si on choisit d’être avec les filles ou une fille comme on était auparavant. Comment le Saint-Esprit peut-il agir si on choisit de rester à même le niveau des souillures du monde? Ai-je fait une séparation d’avec mes anciennes pratiques aujourd’hui lorsque je me suis converti à Christ? Je parle ici à ceux qui sont effectivement sur le cep, aux baptisés bibliquement. Si oui, alors ma vie produit-elle les fruits qui glorifientle Père? Parfois, ce n’est pas une question de récalcitrantes aux ordres de Dieu, mais une question de faiblesse. Le chrétien qui commence dans sa marche avec Dieu est souvent faible, il sort à peine de la souche. Pour lui, Jésus semble indiquer que le Père lave la terre de ses feuilles, qu’il relève sa branche sur un treillis, pour qu’elle puisse recevoir la lumière dont elle a besoin, et puis il l’émonde aux bons endroits quand il voit les premiers fruits apparaître pour la rendre plus forte et plus productive.

Comment Dieu nous taille-t-il?

Si nous ne laissons pas Dieu élever nos esprits pour que nous ne soyons plus conformes aux manières de ce monde, en acceptant sa discipline et par l’enseignement de sa Parole, alors nous courrons le risque de ne plus produire de fruits. Nous ne sommes plus attachés au Christ pour produire ce qui rend gloire à Dieu. Et le Père n’a plus qu’un choix alors, de retrancher le sarment non productif. C’est d’autant plus vrai qu’il devient un danger pour le reste de la plante (il peut amener la maladie aux autres branches à force de traîner dans la boue) et qu’il pompe inutilement de la force vitale loin des branches plus faibles et plus prometteuses que lui. Jésus dit donc au verset 2 que Dieu coupe ce sarment. Il n’est plus bon pour rien sauf pour le feu. C’est une particularité du bois de la vigne, il n’est pas assez solide pour permettre de fabriquer un meuble, alors la seule chose qu’on peut faire avec lui, quand il est coupé, c’est l’utiliser pour attiser le feu. L’image ici représente bien sûr, le jugement de l’homme qui choisit de ne plus demeurer en Christ. Il est retranché du corps et livré au malin dans les flammes de l’enfer.

Conclusion:

Alors aujourd’hui, ceci doit être une invitation pour tous ceux qui ne sont pas encore en Lui, si vous n’êtes pas lié au cep, qu’attendez-vous ? Ne voulez-vous pas un vigneron? Ne voulez-vous pas une cause plus grande que vous? Ne voulez-vous pas la vie? Et puis, il y a ici une mise en garde pour tout ceux qui ont été converti et baptisé, greffé à l’arbre. Produisez-vous toujours du fruit? En quelle quantité? Demeurez-vous en lui? Que faites-vous pour? Nul ne demeure en lui, si la Parole ne demeure en cet homme. Que le vigneron soit glorifié par notre amour, notre joie, notre fidélité et notre maîtrise de nous. Prions ensemble.